De l’invariabilité en français (ou de la fois où le masculin a cessé de l’emporter sur le féminin)…

Le français du Québec est différent du français de France à bien des égards. Certaines différences sont inconscientes et témoignent d’une évolution linguistique parallèle, alors que d’autres sont conscientes et témoignent plutôt d’une évolution dans la société. La féminisation des titres est un exemple de différence consciente. Au Québec, on dit madame la Ministre et non madame le Ministre, et la mairesse n’est pas la femme du maire, mais bien celle qui occupe le poste. Cette tendance à la féminisation des titres nous a même valu les commentaires négatifs de feu Maurice Druon, qui prétendait que, bien que parlant un français attachant et pittoresque, les Québécois n’avaient pas voix au chapitre quant à l’élaboration de la norme. Joanne Hubert et Denyse Octeau ont très bien résumé la situation dans cet article (pdf). Continuer la lecture

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De bon matin…

Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’avoir une discussion au sujet de la formule de salutation bon matin . C’est que cette expression est condamnée. On la trouve d’ailleurs sous la section anglicismes de la Banque de dépannage linguistique de l’OQLF. Certes, utiliser cette expression dans un contexte qui appelle le registre soigné équivaut à mettre sa cravate à l’envers, car c’est désobéir à une règle établie. Mais jouons le jeu aujourd’hui de pousser un peu plus avant la réflexion quant à la règle elle-même. Continuer la lecture

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Des cyniques à la Bombardier…

Depuis sa parution, le 28 avril dernier, cet article de Denise Bombardier me hante. On peut y lire, en gros, que toute la mouvance sociale actuelle n’est que de la poudre aux yeux, du « faire accroire ».  Que la population québécoise se contrefiche éperdument de l’éducation universitaire, que les étudiants qui « s’autoflagellent » en se battant pour de l’argent n’ont rien compris au « dur principe de réalité ». Et que le gouvernement, apparemment, n’aurait pas manqué d’accepter le gel des frais de scolarité si ces étudiants étaient sagement rentrés en classe.

Même si je ne l’ai lu qu’en diagonal (il a servi de prétexte de procrastination durant mes corrections), ce texte me trouble. Continuer la lecture

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Des amphigouris alambiqués…

Il semblerait que, depuis un certain temps, on ne puisse plus finir quoi que ce soit. Tout doit se terminer. Et plus rien ne marche, tout fonctionne.  Le feu des incendies est un élément destructeur, les autos, des véhicules, et il n’y a plus de fenêtres à nos maisons, mais bien une fenestration.  On ne dira plus « Le directeur a affirmé que… », mais bien « Du côté de la direction, on a affirmé que… », comme si une phrase qui ne contiendrait pas de mise en relief ne valait pas la peine d’être dite. Continuer la lecture

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Des nouveaux médias (récit autobiographique)…

J’ai trois scolarités de doctorat. Par trois fois, donc, avec trois sujets différents, j’ai tenté de mener à terme mes études de troisième cycle. De nombreuses raisons ont fait que j’ai abandonné. L’une d’elles est mon séjour dans le monde obscur du cynisme, dont j’ai parlé ici. Les autres, plus personnelles, sont teintées de procrastination et de manque de motivation. Continuer la lecture

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De l’impératif des verbes du premier groupe…

ERRATUM: On m’informe à l’instant qu’il manque le début de la banderole sur la photo: POUR QUE TU NÉGOCIES OSTIE. Ce billet est donc dû à une mauvaise interprétation… Toutes mes excuses, chers étudiants! Continuer la lecture

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Des mauvais mots…

Les mots qui deviennent les mauvais mots d’une communauté linguistique doivent à l’origine être très chargés sémantiquement. Ils doivent, en soi, dans leur sens propre, faire référence à un concept connoté. Les tabous remplissent bien ce rôle.

Les mauvais mots varient d’une langue à l’autre (le mauvais mot italien cazzo, dont le sens propre est « pénis », ne veut rien dire en français) et d’une communauté linguistique à l’autre (putain n’a pas la même portée au Québec qu’en France). Mais les domaines d’où ils sont tirés, eux,  varient très peu: la sexualité, la scatologie, la religion*. Continuer la lecture

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Du (français) québécois…

Je viens de visionner une intéressante vidéo qui parle du français québécois. Intéressante dans la mesure où elle fait la promotion du français parlé au Québec, en le présentant comme  des racines perdues.

J’ai, par contre, de nombreuses réserves concernant la manière dont les choses sont présentées. Outre le fait que la phonétique soit très mal illustrée (les sons du français québécois, s’ils sont différents de ceux du français hexagonal, ne devraient pas avoir la même transcription), deux notions, essentielles à toute description linguistique, sont carrément absentes. Continuer la lecture

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De l’évolution des expressions imagées et de la rectitude langagière…

La langue française est truffée d’expressions imagées dont on a perdu le sens original, mais que l’on continue quand même à utiliser sans problème. Par exemple, qui s’est déjà inquiété du sens de fur dans l’expression au fur et à mesure? Qui se surprend de ne plus croiser personne en pourpoint, alors que bien des gens arrivent encore à brûle-pourpoint? Et qui se préoccupe du loup quand des enfants se promènent à la queue leu leu? Continuer la lecture

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De la langue et de la cravate…

Physiquement, une cravate ne sert à rien. Elle ne protège rien, elle ne soutient rien, et elle ne tient pas non plus au chaud. Mais elle a quand même une utilité. Une utilité sociale. La cravate est un symbole. Selon les contextes, elle peut symboliser le sérieux, la sévérité ou la respectabilité. Elle peut aussi symboliser le souci du détail, ce souci de bien paraître dont on fait habituellement preuve dans les occasions spéciales. Continuer la lecture

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