De l’« incontournabilité de Denis Coderre »

Dans son dernier billet, Yves Boisvert critique Denis Coderre pour avoir inventé le mot incontournabilité: « Denis Coderre veut faire entrer un nouveau mot dans le dictionnaire: incontournabilité. »

Comme on le voit ici, et comme je l’ai dit précédemment, un mot français ne saurait vraisemblablement exister que s’il est dans le dictionnaire, et quiconque invente un mot doit manifestement vouloir l’y inclure…

Les journalistes font souvent des gorges chaudes des mots que les politiciens inventent.  On se souviendra de la réingénérie de Jean Charest, mot qui se sera probablement fait plus critiquer que la mesure qu’il dénotait!

Je n’ai pas l’intention d’alourdir ce billet en démontrant comment réingénérie et incontournabilité obéissent parfaitement à la morphologie française… Je me contenterai de constater encore une fois à quel point il est risqué, pour les francophones, d’utiliser des mots qui sont absents du dictionnaire… Et je salue messieurs Charest et Coderre, au passage, pour leur audace: inventer des mots, surtout quand on veut faire valoir un point qui sera critiqué sur le fond, c’est prêter le flan pour la forme!

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2 réponses à De l’« incontournabilité de Denis Coderre »

  1. andré marsan dit :

    et bien je salue ces précurseurs qui ont compris (peut-être sans le savoir) qu’une langue se doit d’être vivante, d’évoluer et de se moduler à ceux qui l’utilisent. N’oublions pas que les mots on eu une non-existence en premier!!!

  2. Denis Poitras dit :

    Comme professeur retraité (et pas de français), je suis d’accord avec Denis Coderre. Si un mot n’existe pas dans le vocabulaire reconnu, il faut le créer selon les règles s’il représente une réalité à exprimer. Formé à l’ancienne ( grec ancien et latin), quand mes élèves me demandaient le sens d’un mot, je le décortiquais en ses racines afin qu’ils aient une idée plus large que la connaissance de ce mot. Et je ne me suis pas privé d’en créer à leur étonnement et questionnement. Si c’est bien fait, pourquoi s’en priver? Le néologisme est comprehensible et nécessaire; alors, allons y.

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