De l’exemple que doit donner la France…

Je prends pour prétexte à ce billet une lettre publiée dans Le Devoir de ce matin, dans laquelle l’auteur critique le maire de Québec, Régis Labeaume. Mon but n’est pas de commenter la teneur de la lettre en soi, mais bien de faire remarquer un passage qui concerne la prise de position de monsieur Labeaume quant à ce qu’il a vu de l’usage du français en France: « Et il a parfaitement raison. La France doit donner l’exemple pour protéger le français. »

On entend très souvent de tels propos, qui m’irritent profondément. Et ce n’est pas la volonté de défense de la langue française qui m’irrite. C’est le fait qu’on croie, encore et toujours, que la France est le modèle linguistique de la francophonie, et qu’elle se doit de donner l’exemple, comme un adulte donnerait l’exemple à un enfant.

C’est que j’ai fait de l’insécurité linguistique québécoise une de mes grandes batailles, et d’en voir de telles illustrations me fait toujours me demander si je ne devrais pas me mettre un plat à barbe sur la tête et nommer ma voiture Rossinante…

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4 réponses à De l’exemple que doit donner la France…

  1. Isabelle dit :

    Pas d’accord. Prenons, au hasard, un magazine féminin. Pas moyen de lire un article, quel que soirt le sujet, qui ne soit lardé d’anglicismes (dans le meilleur des cas) ou de mots anglais pour lesquels l’auteur n’a pas voulu se donner la peine de chercher un équivalent en français. Idem pour la publicité, pour les textes courants. Il n’y a guère que les manuels scolaires qui échappent à ce courant, que moi, française, je vis comme le résultat d’une coupable négligence. Et lorsque je lis que la France « se doit » de protéger sa langue, j’entends plutôt : « C’est la moindre des choses, sinon pas la peine de garder le « franco » de « francophonie ».

  2. Isabelle dit :

    Je voulais dire, un magazine féminin en édition proposée en France (Elle, Marie-Claire etc.)

  3. Anne-Marie Beaudoin-Bégin dit :

    Comme je l’ai dit, mon but, en écrivant ce billet, n’était pas de me prononcer sur la présence des anglicismes en France. Je crois avoir abondamment abordé le sujet des anglicismes dans des billets antérieurs. Ce que je critique ici, donc, est le fait que plusieurs au Québec pensent que la France doit donner l’exemple, un peu comme un adulte devant un enfant. C’est infantiliser la société québécoise.

  4. Vanessa Simard dit :

    Au Québec, je pense en effet que plusieurs voient la France comme le symbole par excellence de la francophonie, comme le modèle à suivre. C’est l’image projetée, en tout cas, et c’est ce qui reste en tête. Il me semble toutefois que cette image est, à l’intérieur même de la France, réduite seulement à Paris… Pour mes études, j’habite au sud de la France et je constate que les Marseillais vivent un sentiment d’insécurité linguistique à peu près semblable à celui des Québécois… Pourtant, ils sont Français! Un professeur de sociolinguistique, au premier cours, s’est justifié d’avoir « un peu l’accent marseillais » ! Vue de l’intérieur, la France n’a plus cette aura qu’on lui donne, outre-mer, de modèle idéal francophone…

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