De la langue des fleurs…

Intéressant article dans Lingua Franca aujourd’hui. On y apprend que la nomenclature utilisée en botanique n’aura plus à être en latin. La raison invoquée est que dans plusieurs régions du monde où il y a un grand nombre de plantes à nommer (dans certains pays africains, par exemple), l’apprentissage du latin est difficile.

Il a donc été décidé de maintenant permettre la nomenclature… en anglais! L’historienne de la langue en moi trouve cela très intéressant: c’est le passage d’une lingua franca à une autre, c’est l’évolution.

Mais ce que je trouve le plus intéressant, c’est que l’auteure de l’article, une anglophone, présente le tout comme si cela allait de soi que ce soit en anglais. Illustration parfaite d’une attitude que j’ai remarquée chez certains anglophones nord-américains: l’anglais étant à la fois leur langue maternelle et la langue internationale, ils lui accordent une supériorité intrinsèque.

Comprenons bien que je ne me prononce pas ici sur le fait que les autorités botaniques aient décidé de permettre l’utilisation de l’anglais dans la nomenclature des plantes. L’anglais est aujourd’hui la lingua franca, et il est beaucoup plus accessible que le latin. Mais j’aurais aimé une petite touche d’objectivité dans un blogue qui s’appelle, justement, Lingua Franca.

C’est que cela ne va pas de soi de connaître l’anglais. Et je parie que pour plusieurs botanistes en herbe (dans certains pays africains, par exemple), l’apprentissage de l’anglais n’est pas beaucoup plus facile que l’apprentissage du latin…

 

 

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2 réponses à De la langue des fleurs…

  1. La langue scientifique est un sujet qui m’interpelle beaucoup. Longtemps les programmes de PhD aux États-Unis et au Royaume-Uni avaient un « foreign languages requirement », qui ne tient plus aujourd’hui. Le français, le russe, l’arabe, le japonais, l’allemand, etc, faisaient tous partie des langues scientifiques reconnues.

    Quand les concepts fondamentaux de ta discipline sont écrits dans une autre langue que l’anglais, j’ai pour mon dire que c’est la moindre de chose d’aller chercher une base dans cette langue.

    Aujourd’hui, les américains font venir des scientifiques qui ont une autre langue maternelle que l’anglais et leur font écrire en anglais. On a l’impression que le savoir n’est qu’américain/qu’anglais et on tend à laisser le côté toutes les découvertes et tous ceux qui ne sont pas physiquement dans le milieu sociolinguistique.

    Bref, ma prétention n’est pas que l’anglais comme lingua franca n’est pas une évolution positive. Pour moi, elle est une calamité pour les chercheurs en science et technologie.

    Qu’aloès devienne always! Ah, que je suis cynique!

  2. Je tiens à préciser que c’est pas tellement mieux de conserver une langue morte (la Latin) comme langue scientifique!

    Un taon nommé Beyoncé: http://www.cyberpresse.ca/actualites/insolite/201201/13/01-4485469-un-taon-baptise-beyonce.php

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