De l’analphabétisme de Louis XIV…

Dans mon dernier billet, j’ai cité cette phrase de Louis XIV, en faisant de l’ironie sur la médiocrité de la langue du Roi-Soleil:

Jay souferplusieursennees desafoiblesse de sonopniastreté et desonjnaplication il men ascousté desschosesconcidérables je naypas profitéde tous les auantages queje pouuoisauoiret toucela parcomplaisance et bonté […].

Un lecteur a laissé le commentaire suivant:

Je n’ai pas la même interprétation que vous de ce texte de Louis XIV: à la même époque Molière, Racine, La Fontaine et toute la clique s’exprimaient dans le français qu’on enseigne aujourd’hui. Ce texte veut juste dire que Louis XIV était analphabète, comme quoi on peut être le plus grand roi de France et manquer de culture ….

La raison pour laquelle j’ai cité cet extrait, c’est que je désirais illustrer à quel point les jugements de valeur par rapport à la rectitude langagière sont… des jugements de valeur. Continuer la lecture

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De la médiocrité de la langue…

Jay souferplusieursennees desafoiblesse de sonopniastreté et desonjnaplication il men ascousté desschosesconcidérables je naypas profitéde tous les auantages queje pouuoisauoiret toucela parcomplaisance et bonté […].

Mais quelle est cette langue médiocre? Ce galimatias incompréhensible? Pour écrire de la sorte, l’auteur de ces lignes ne doit certes pas être très savant, ni très intelligent…

Voire. Continuer la lecture

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De l’hypercorrection…

Note: Je dédie ce billet à mon ancienne étudiante, Lena Jaschke, qui, de son Allemagne, m’a écrit pour me parler d’hypercorrection afin d’étoffer le travail qu’elle fait sur l’insécurité linguistique au Québec. Continuer la lecture

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De l’économie linguistique et du tournevis universel…

Il arrive souvent que les détracteurs du français québécois s’enorgueillissent à trouver plusieurs synonymes qui remplacent les formes qu’ils condamnent. Maganer pourra être remplacé par amocher, briser, détériorer, affaiblir, etc. C’est le fun pourra être remplacé par c’est amusant, c’est distrayant, c’est plaisant, c’est divertissant, etc.  Cool pourra être remplacé par charmant, drôle, agréable, excitant, etc. On croit ainsi démontrer l’inutilité de telles formes. Pourquoi, en effet, s’encombrerait-on de ces expressions lorsque l’on a tous ces synonymes à sa disposition? Continuer la lecture

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De l’importance de la norme prescriptive…

Le reproche qu’on fait le plus souvent aux linguistes descriptifs comme moi est que nous acceptons tout, que nous ne trouvons rien de mauvais, et que si on nous écoutait, le diable serait aux vaches. Antoine Robitaille m’a déjà même traitée de soixante-huitarde parce que, apparemment, j’interdisais d’interdire. Évidemment, il n’en est rien, et je l’ai dit à plusieurs reprises. Continuer la lecture

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De notre soi-disant dialecte honteux…

Mathieu Bock-Côté s’est récemment prononcé sur la qualité du français au Québec. Ou, plutôt, sur sa piètre qualité. (L’article est maintenant malheureusement réservé aux membres VIP du Journal de Montréal.) Continuer la lecture

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De la description linguistique…

Un lecteur a laissé ce commentaire (ici):

Toute [sic] est une question de registres et de conscience linguistique. Le français québécois est immensément plus riche que le français européen et c’est ce qui fait de nous des locuteurs beaucoup plus polyvalents.

Je me demande comment on s’y prend pour faire une telle comparaison. Comment fait-on pour déterminer qu’une variété de langue est plus riche (immensément plus riche!) qu’une autre? Quelles sont les unités de mesure qui permettent de déterminer la richesse d’une variété de langue? Continuer la lecture

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De la rassurance, du choisissement et de la maîtrise du français…

Il y a quelques mois, j’ai surpris une conversation entre deux dames dans un magasin. L’une d’elle, relativement âgée et manifestement peu instruite, expliquait à l’autre que les paroles de son frère lui avaient apporté une rassurance, et que cela lui avait fait beaucoup de bien. Certains riraient de cette dame qui emploie un mot « inexistant » et qui, vraisemblablement, n’est pas « bonne en français ». Moi, au contraire, j’ai trouvé cela superbe. Et j’ai trouvé que cette dame était très bonne en français. Elle a fait le lien entre assurer -> assurance et rassurer -> rassurance. Pour pouvoir faire cela, on se doit d’avoir une bonne compréhension de la morphologie française, d’avoir saisi que le suffixe -ance, lorsqu’ajouté à une forme verbale, signifie «le fait de [forme verbale]». L’assurance exprime le fait d’assurer, la rassurance, le fait de rassurer. Que le mot rassurance ne soit pas répertorié dans les ouvrages de référence canoniques ne change rien à la situation: le mot est bel et bien français. D’ailleurs, si cela n’avait pas été le cas, l’autre dame n’aurait rien compris. Continuer la lecture

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De l’accent des Acadiens…

Mon amie Catherine Voyer-Léger a visé juste dans son dernier billet de blogue: beaucoup de Québécois font vivre aux francophones hors-Québec ce que les Français leur font vivre à eux. Catherine parle, entre autres, du commentaire de Geneviève Borne dans Belle et Bum au sujet du bel accent des membres du groupe acadien Radio radio. J’avais moi aussi remarqué ce commentaire. Et je m’étais fait la même réflexion, en me disant à quel point beaucoup de Québécois détestent quand les Français les appellent leur petits cousins et qu’ils font des remarques au sujet de l’accent de la Belle province… Continuer la lecture

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Du «Dictionnaire» québécois…

Une fouille dans mes archives m’a récemment rappelé que j’avais promis ici de faire la critique du Dictionnaire québécois, un site qui en impressionne plus d’un et dont plusieurs se servent lorsqu’ils veulent décrire le français québécois. Voici donc. Continuer la lecture

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